Comment la DRCI et le DRISP accompagnent les porteurs de projets

Pendant les grandes vacances, la Direction générale de la santé (DGS) et le Girci Soho ont lancé plusieurs appels à projets de recherche. En Guyane, les chercheurs intéressés étaient invités à présenter leurs idées à la Délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI) du CHU de Guyane avant le 21 septembre. C’est en effet cette nouvelle instance, qui assure le pilotage stratégique, financier, technique et scientifique du projet recherche du CHU de Guyane et décide notamment si l’établissement peut en assurer la promotion, c’est-à-dire en être officiellement responsable.
« Nous avons fixé cette échéance afin de pouvoir organiser l’accompagnement, explique le Dr Théo Blaise coordinateur de lacellule promotion au Département Recherche Innovation Santé Publique. L’objectifest vraiment d’intervenir suffisamment tôt pour faire mûrir les projets. »
Plusieurs projets ont été évoqués, notamment dans les domaines des soins infirmiers, de la génétique ou encore de l’épidémiologie. Des projets non sélectionnés par le passé pourront être présentés à nouveau. « C’est une démarche normale : un projet peut ne pas être retenu une première fois, mais cela ne signifie pas qu’il n’est pas pertinent. Il peut être retravaillé à partir des remarques des experts et présenté à nouveau », assure Théo Blaise.
Ces lettres d’intention non finalisées seront évaluées par le bureau de la DRCI. Idéalement, elles seront lues par un panel d’experts avec des profils méthodologiques et cliniques. « Le principe est de faire évaluer chaque projet par des personnes qui ont déjà de l’expérience dans la recherche, qui ont déjà déposé des projets, qui ont déjà connu des échecs et qui connaissent les exigences des appels à projets », poursuit Théo Blaise.
Le bureau de la DRCI prendra ensuite sa décision en tenant compte de ces évaluations, mais aussi des moyens disponibles pour accompagner les équipes. « L’objectif est de ne conserver que les projets qui ont réellement des chances d’être retenus, qui répondent au cahier des charges et dont les porteurs sont suffisamment disponibles », précise Théo Blaise.
Les projets retenus bénéficieront d’un accompagnement personnalisé : un méthodologiste et un membre de la cellule Promotion travailleront aux côtés de leur équipe pour construire le projet, définir la méthode, préparer le budget et constituer le dossier.
Le Girci Soho et la DGOS sélectionneront les lettres d’intention en février. Le DRISP accompagnera alors les porteurs de projets encore plus intensément jusqu’au dépôt du dossier complet. « L’objectif est d’intégrer les remarques formulées par les experts lors de l’évaluation de la lettre d’intention. Les experts font généralement beaucoup de recommandations », témoigne Théo Blaise. La sélection finale sera alors connue en juillet.

L’an dernier, un projet sur le dépistage du cancer du col de l’utérus

Il y a un an, plusieurs professionnels de santé du CHU de Guyane se sont fait connaître auprès de la DRCI, dans le cadre des appels à projets de recherche du Girci Soho. Les thématiques étaient variées : drépanocytose, dermatologie, dépistage… Jugeant certains projets pas assez matures, l’établissement a choisi de n’en soutenir qu’un : MédiPrev, porté par le Dr Nadia Thomas, gynécologue-obstétricienne sur le site hospitalier de Cayenne.
Cette étude portait sur l’autoprélèvement dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus. Le Département Recherche Innovation Santé Publique (DRISP) a donc accompagné le Dr Thomas dans la rédaction de sa lettre d’intention. Après l’avis favorable du Girci Soho, le soutien s’est prolongé jusqu’au dépôt du dossier complet.
« Entre la lettre d’intention et le dossier complet, il s’agit notamment d’une aide à la rédaction, à la définition des objectifs, au design de l’étude, à l’organisation du projet, au calcul du budget et, plus globalement, à la structuration méthodologique », détaille le Dr Théo Blaise, coordinateur de la cellule promotion au DRISP. Le projet a toutefois échoué de peu, lors du conseil scientifique du Girci Soho, en juillet. Il est donc envisagé de le retravailler pour le présenter à nouveau.
Une délégation guyanaise au conseil scientifique du GIRCI-SOHO
Chaque année, le Girci Soho réunit son conseil scientifique en juillet, pour sélectionner les études retenues dans le cadre de ses appels à projets. Chaque dossier complet fait l’objet d’expertises scientifiques et méthodologiques par des chercheurs d’autres Girci, afin d’éviter tout conflit d’intérêt. Le jour du conseil scientifique, chaque projet est présenté par un rapporteur. Il détaille le projet, résume les expertises et donne son propre avis. Les projets sont alors classés en prenant plusieurs notes encompte : celles des expertises et celle du jury. Le rapporteur peut donc influencer le classement des projets dont la qualité est proche.
En 2025 et 2026, le CHU de Guyane a envoyé une délégation au conseil scientifique. Cette année y figuraient notamment les Dr Alolia Aboïkoni, Amina Nasri, Timothée Bonifay, Najeh Hcini et le Pr Maylis Douine. « L’idée est de faire venir des professionnels du CHU qui pratiquent déjàla recherche », explique le Dr Théo Blaise, coordinateur de la cellule promotion au CHU de Guyane. Non seulement ces professionnels assistent à la réunion et voient son déroulement, mais ils peuvent également participer entant que rapporteurs.
« Cette participation est intéressante à plusieurs niveaux, estime Théo Blaise. D’abord, cela permet de voir comment sont évalués les projets de recherche. Quand on fait soi-même de la recherche, on est souvent du côté du chercheur qui soumet un projet. Là, on se retrouve de l’autre côté, à devoir lire et évaluer les projets des autres. C’est très formateur. Les professionnels qui participent sont amenés à regarder la méthodologie, la pertinence de la question de recherche, la faisabilité, le budget, etc. Ils peuvent ainsi mieux comprendre ce qui est attendu dans un dossier de recherche. Cela leur permet aussi de rencontrer des chercheurs d’autres établissements et de voir les projets qui sont développés ailleurs. On ne veut pas seulement que les professionnels guyanais déposent des projets. On veut aussi qu’ils comprennent comment fonctionne l’évaluation de la recherche,qu’ils puissent devenir eux-mêmes des experts et qu’ils participent aux réseaux de recherche interrégionaux.

Les Recherches du CHU :
Pionniers de l'Innovation en Santé
La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.












