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Comment la DRCI et le DRISP accompagnent les porteurs de projets

La DGOS et le Girci Soho ont lancé plusieurs appels à projets de recherche. Le CHU de Guyane soutient les candidats dans la rédaction de leur lettre d’intention et du dossier complet.
23 September 2026
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Pendant les grandes vacances, la Direction générale de la santé (DGS) et le Girci Soho ont lancé plusieurs appels à projets de recherche. En Guyane, les chercheurs intéressés étaient invités à présenter leurs idées à la Délégation à la recherche clinique et à l’innovation (DRCI) du CHU de Guyane avant le 21 septembre. C’est en effet cette nouvelle instance, https://www.ght-guyane.fr/chc/article/153 qui assure le pilotage stratégique, financier, technique et scientifique duprojet recherche du CHU de Guyane et décide notamment si l’établissement peut en assurer la promotion, c’est-à-dire en être officiellement responsable.

« Nous avons fixé cette échéance afin de pouvoir organiser l’accompagnement, explique le Dr Théo Blaise coordinateur de lacellule promotion au Département Recherche Innovation Santé Publique. L’objectifest vraiment d’intervenir suffisamment tôt pour faire mûrir les projets. »

Plusieurs projets ont été évoqués, notamment dans les domaines des soins infirmiers, de la génétique ou encore de l’épidémiologie. Des projetsnon sélectionnés par le passé pourront être présentés à nouveau. « C’est une démarche normale : un projet peut ne pas être retenu une première fois,mais cela ne signifie pas qu’il n’est pas pertinent. Il peut être retravaillé àpartir des remarques des experts et présenté à nouveau », assure ThéoBlaise.

Ces lettres d’intention non finalisées seront évaluées parle bureau de la DRCI. Idéalement, elles seront lues par un panel d’experts avec des profils méthodologiques et cliniques. « Le principe est de faire évaluer chaque projet par des personnes qui ont déjà de l’expérience dans lar echerche, qui ont déjà déposé des projets, qui ont déjà connu des échecs et qui connaissent les exigences des appels à projets », poursuit ThéoBlaise.

Le bureau de la DRCI prendra ensuite sa décision en tenant compte de ces évaluations, mais aussi des moyens disponibles pour accompagnerles équipes. « L’objectif est de ne conserver que les projets qui ont réellement des chances d’être retenus, qui répondent au cahier des charges etdont les porteurs sont suffisamment disponibles », précise Théo Blaise.

Les projets retenus bénéficieront d’un accompagnement personnalisé : un méthodologiste et un membre de la cellule Promotion travailleront aux côtés de leur équipe pour construire le projet, définir la méthode, préparer le budget et constituer le dossier.

Le Girci Soho et la DGOS sélectionneront les lettresd’intention en février. Le DRISP accompagnera alors les porteurs de projetsencore plus intensément jusqu’au dépôt du dossier complet. « L’objectif est d’intégrer les remarques formulées par les experts lors de l’évaluation dela lettre d’intention. Les experts font généralement beaucoup de recommandations », témoigne Théo Blaise. La sélection finale sera alors connue en juillet.

Girci 01. Le conseil scientifique du Girci Soho, en juillet dernier.

L’an dernier, un projet sur le dépistage du cancer du col de l’utérus

Il y a un an, plusieurs professionnels de santé du CHU deGuyane se sont fait connaître auprès de la DRCI, dans le cadre des appels à projets de recherche du Girci Soho. Les thématiques étaient variées :drépanocytose, dermatologie, dépistage… Jugeant certains projets pas assezmatures, l’établissement a choisi de n’en soutenir qu’un : MédiPrev, portépar le Dr Nadia Thomas, gynécologue-obstétricienne sur le site hospitalier deCayenne.

Cette étude portait sur l’autoprélèvement dans le cadre du dépistage du cancer du col de l’utérus. Le Département Recherche Innovation Santé Publique (DRISP) a donc accompagné le Dr Thomas dans la rédaction de sa lettre d’intention. Après l’avis favorable du Girci Soho, le soutien s’est prolongé jusqu’au dépôt du dossier complet.

« Entre la lettre d’intention et le dossier complet, ils’agit notamment d’une aide à la rédaction, à la définition des objectifs, audesign de l’étude, à l’organisation du projet, au calcul du budget et, plusglobalement, à la structuration méthodologique », détaille le Dr ThéoBlaise, coordinateur de la cellule promotion au DRISP. Le projet a toutefois échoué de peu, lors du conseil scientifique du Girci Soho, en juillet. Il estdonc envisagé de le retravailler pour le présenter à nouveau.

Girci 02. Le Dr Nadia Thomas.

Une délégation guyanaise au conseil scientifique du GIRC-SOHO

Chaque année, le Girci Soho réunit son conseil scientifiqueen juillet, pour sélectionner les études retenues dans le cadre de ses appels àprojets. Chaque dossier complet fait l’objet d’expertises scientifiques etméthodologiques par des chercheurs d’autres Girci, afin d’éviter tout conflitd’intérêt. Le jour du conseil scientifique, chaque projet est présenté par unrapporteur. Il détaille le projet, résume les expertises et donne son propreavis. Les projets sont alors classés en prenant plusieurs notes encompte : celles des expertises et celle du jury. Le rapporteur peut doncinfluencer le classement des projets dont la qualité est proche.

En 2025 et 2026, le CHU de Guyane a envoyé une délégation auconseil scientifique. Cette année y figuraient notamment les Dr AloliaAboïkoni, Amina Nasri, Timothée Bonifay, Najeh Hcini et le Pr Maylis Douine.« L’idée est de faire venir des professionnels du CHU qui pratiquent déjàla recherche », explique le Dr Théo Blaise, coordinateur de la cellulepromotion au CHU de Guyane. Non seulement ces professionnels assistent à laréunion et voient son déroulement, mais ils peuvent également participer entant que rapporteurs.

« Cette participation est intéressante à plusieurs niveaux, estime Théo Blaise. D’abord, cela permet de voir comment sont évalués les projets de recherche. Quand on fait soi-même de la recherche, on estsouvent du côté du chercheur qui soumet un projet. Là, on se retrouve del’autre côté, à devoir lire et évaluer les projets des autres. C’est très formateur. Les professionnels qui participent sont amenés à regarder laméthodologie, la pertinence de la question de recherche, la faisabilité, le budget, etc. Ils peuvent ainsi mieux comprendre ce qui est attendu dans undossier de recherche. Cela leur permet aussi de rencontrer des chercheursd’autres établissements et de voir les projets qui sont développés ailleurs. Onne veut pas seulement que les professionnels guyanais déposent des projets. Onveut aussi qu’ils comprennent comment fonctionne l’évaluation de la recherche,qu’ils puissent devenir eux-mêmes des experts et qu’ils participent aux réseauxde recherche interrégionaux. »

Girci 03. Le conseil scientifique du Girci, en juillet à Toulouse

Pierre-Yves Carlier
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