CHU Guyane
Recherche

Histoplasmose : comment l’accès au diagnostic a été facilité

Au mois d’août 2026, plusieurs chercheurs du CHU de Guyane ont publié l’article principal de l’étude Ediraphis. Cette recherche pionnière, menée de 2013 à 2015 en Guyane et au Suriname, démontre l’intérêt d’outils diagnostiques simples à utiliser et faciles d’accès pour confirmer les cas d’histoplasmose. Elle révèle également l’existence et le poids de la maladie au Suriname.
30 September 2026
Partager l’article
Left arrow
Right arrow
Le Dr Ugo Françoise et le Pr Antoine Adenis, deux des auteurs de l’article.

La Lettre Recherche a eu plusieurs fois l’occasion de vous relater comment la CHU de Guyane est devenu un des spécialistes mondiaux del’histoplasmose, principale infection opportuniste et principale cause de décès chez les personnes vivant avec le VIH en Amérique latine. En avril 2020, deux de ses chercheurs – les Pr Antoine Adenis et Mathieu Nacher, ont contribué à la publication des premières recommandations de l’Organisation mondiale de lasanté (OMS) sur le diagnostic et la prise en charge de l’histoplasmose disséminée chez les personnes vivant avec le VIH (PVVIH).

Au mois d’août 2026, plusieurs de ses chercheurs ont publié l’article principal de l’étude Ediraphis, dans l’International Journal of Infectious Diseases. Cette recherche approfondie, menée de 2013 à 2015 en Guyane et au Suriname, a fait avancer les connaissances sur deux aspects :

  • Elle a révélé au Suriname l’existence et le poids de l’histoplasmose sur son territoire ;
  • Elle a démontré l’intérêt d’outils diagnostiques simples à utiliser et faciles d’accès pour confirmer les cas d’histoplasmose.

Elle a aussi permis au CHU de Guyane de nouer des partenariats sur ce sujet à l’international.

Jusqu’en 2013, le principal diagnostic de l’histoplasmose était clinique et/ou microbiologique avec la recherche d’Histoplasma, le champignon responsable de l’infection. Le diagnostic clinique est donc très lié à l’expertise du médecin et peut facilement entraîner une confusion avec d’autres infections comme la tuberculose. Quant à la recherche mycologique, elle n’est pas systématique mais réalisée à la demande du médecin. Le Suriname, pour sa part, n’avait quasiment décrit aucun cas d’histoplasmose disséminée chez les PVVIH, à cette date.

Les chercheurs du CHU de Guyane ont souhaité vérifier l’intérêt de réaliser des tests antigéniques pour améliorer ce diagnostic. Ils ont été proposés systématiquement aux patients vivant avec le VIH hospitalisés dans trois hôpitaux du Suriname et deux de Guyane, entre 2013 et 2015.

Au total, 478 patients ont été testés. Les résultats ont révélé que la fréquence de l’histoplasmose était aussi élevée au Suriname (23,2 % des patients) qu’en Guyane (19,3 %). Chez nos voisins, le nombre de diagnostics a été multiplié par plus de cinq, tandis qu’en Guyane, 57 % de cas supplémentaires ont été confirmés.

Depuis, certains pays comme le Brésil et la Colombie ont systématisé la réalisation de ces tests antigéniques auprès de leurs patients hospitalisés avec le VIH, au même titre que les tests de la tuberculose ou de la cryptococcose.

Le Pr Antoine Adenis, chef de pôle santé publique – recherche du CHU de Guyane et dernier auteur de l’étude, se réjouit de ces résultats : « Avant ces tests, des patients mouraient d’une maladie curable, du fait de la non-connaissance par les médecins de l’existence et du poids de l’histoplasmose dans leur patientèle et parce qu’elle était confondue avec la tuberculose. Grâce à ces tests, que l’on peut comparer aux tests de grossesse, il y a eu un avant et un après au Suriname. Il reste toutefois des étapes à franchir : après avoir facilité l’accès au diagnostic, il faut désormais faciliter l’accès au traitement. »

‍

‍

Séminaire sur l’histoplasmose à Paramaribo, en 2015.
Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

Les Recherches du CHU :
‍
Pionniers de l'Innovation en Santé

La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.

Recherche
30 September 2026

Comment la DRCI et le DRISP accompagnent les porteurs de projets

La DGOS et le Girci Soho ont lancé plusieurs appels à projets de recherche. Le CHU de Guyane soutient les candidats dans la rédaction de leur lettre d’intention et du dossier complet.
En savoir plus
Recherche
30 September 2026

Pour les patients dialysés, la fistule se révèle une solution durable

En Guyane, une étude du CHU de Guyane montre que trois fistules artério-veineuses sur quatre restent fonctionnelles après un an. Obésité, tabagisme et faible débit sanguin augmentent le risque d’échec, nous explique Donovan Siesa en BD.
En savoir plus
Recherche
30 September 2026

La PBMS-Guyane : une plateforme de pointe au service de la recherche en Amazonie

Cette plateforme, installée début juin à l’ISPA, apporte des informations essentielles sur les mécanismes des maladies et contribue au développement d’une médecine de précision adaptée aux particularités sanitaires et scientifiques du territoire guyanais.
En savoir plus
Recherche
30 September 2026

Pourquoi envoyer des pédiatres en communes isolées ?

Depuis 2011, des pédiatres du CHU de Guyane mènent des missions dans les communes isolées pour suivre des enfants souffrant de pathologie chronique. Le Dr Fanny Henaff, qui a assuré ces missions pendant cinq ans, vient de publier un article détaillant cette activité, le nombre d’enfants suivis, les pathologies les plus fréquentes et le devenir de ces enfants. Il confirme l’intérêt de ces missions qui ont depuis pris de l’ampleur.
En savoir plus
Recherche
30 September 2026

Des taux de plomb élevés chez une majorité de patients dialysés

Le Dr Arriel Makembi Bunkete, néphrologue au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni, a publié en mai un article sur les taux de plomb chez les patients en hémodialyse chronique. Plus de la moitié (54 %) présentaient une plombémie supérieure à 85 µg/L. Les taux élevés étaient notamment associés à un âge plus avancé et à une fonction rénale résiduelle plus faible.
En savoir plus
Recherche
30 September 2026

Recherche en cancérologie : le CHU de Guyane prêt à se lancer !

Le développement de la recherche en cancérologie est une priorité de l’établissement. Des inclusions pourraient être réalisées dans plusieurs essais cliniques portés par des acteurs publics. De son côté, le Registre des cancers vient de publier plusieurs articles permettant de mieux connaître les spécificités du territoire.
En savoir plus
Left arrow
Right arrow