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La PBMS-Guyane : une plateforme de pointe au service de la recherche en Amazonie

Cette plateforme, installée début juin à l’ISPA, apporte des informations essentielles sur les mécanismes des maladies et contribue au développement d’une médecine de précision adaptée aux particularités sanitaires et scientifiques du territoire guyanais.
23 September 2026
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Depuis début juin, l’Institut Santé des Populations en Amazonie (ISPA), au CHU de Guyane – site de Cayenne, abrite un équipement rare. Le PhenoCycler® Fusion 2.0 permet d’étudier les tissus humains avec une précision inédite sur leterritoire. « Il s’agit d’une technologie qui a moins de dix ans. Il y en a très peu dans le monde et en France, un au Brésil et aucun au Suriname », s’enthousiasme le Pr Antoine Adenis, chef de pôle recherche – santé publique du CHU de Guyane.

Cet appareil fait partie de la Plateforme de biopathologie multiomique spatiale deGuyane (PBMS-Guyane). « Cette plateforme développe des activités depathologie expérimentale et d’analyse spatiale des tissus au service de larecherche biomédicale et translationnelle. Son objectif est de mieux comprendre l’organisation des cellules et leurs interactions au sein des tissus, tout en conservant leur localisation précise. Cette approche apporte des informations essentielles sur les mécanismes des maladies et contribue au développement d’une médecine de précision adaptée aux particularités sanitaires et scientifiques du territoire guyanais », explique le Dr Kinan Drak Alsibai,chef de service d’anatomie et cytologie pathologique au CHU de Guyane – site de Cayenne.

« Associée à la numérisation des lames, à l’analyse d’images et aux outils d’intelligence artificielle, cette technologie permet d’identifier les différentes populations cellulaires, d’analyser leur répartition et d’étudier leurs interactions », poursuit le Dr Drak Alsibai. « Tous ces outils permettent de comprendreles mécanismes à l’échelle du tissu, voire des cellules, souligne le Pr Adenis. On parle de découvrir des marqueurs qui pourraient devenir des cibles pour le diagnostic, voire la thérapeutique. Par exemple, il y a peut-être vingt sous-types de cancer du poumon, qui ont eux-mêmes des sous-types. C’est à cette échelle-là que la plateforme nous permettra de travailler. C’est ce qu’on appelle la médecine individualisée. »

« Les projets développés concernent prioritairement les pathologies tumorales ainsi que les maladies infectieuses et tropicales particulièrement importantes enGuyane, précise le Dr Drak Alsibai. Plusieurs travaux pilotes portent notamment sur le microenvironnement immunitaire de la leishmaniose cutanée, en collaboration avec le Pr Romain Blaizot, chef de service de dermatologie au CHU de Guyane. La plateforme constitue également un environnement structurant pour la formation des doctorants, techniciens, ingénieurs et jeunes chercheurs. Elle a vocation à favoriser les collaborations entre équipes hospitalières, universitaires et scientifiques, tout en renforçant l’attractivité de la recherche en Guyane. »

La PBMS-Guyane s’appuie sur les compétences du service d’anatomie et cytologie pathologiques, du Centre de ressources biologiques Amazonie (CRB Amazonie), de la recherche clinique et de plusieurs partenaires scientifiques régionaux et nationaux. Elleest placée sous la responsabilité du Pr Kinan Drak Alsibai, avec une coordination scientifique assurée par le Pr Antoine Adenis. Son développements’inscrit dans une dynamique collective associant les professionnels du CHU deGuyane et les partenaires de la recherche du territoire.

La plateforme PBMS-Guyane est cofinancée par l’Union européenne dans le cadre du programme FEDER-FSE+ 2021-2027 n° SynergieGUY005179 (l’Europe s’engage en Guyane), ainsi que par le contrat de convergence et de transformation CCT 2024-2027 en faveur de la recherche et de l’innovation en Guyane, avec le soutien du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et des services de l’État en Guyane.

Observation d’une lame d’anapathologie à l’aide du Le PhenoCycler®Fusion 2.0, dans l’aile clinique de l’ISPA, au CHU de Guyane.
Le Dr Kinan Drak Alsibai.

Les sciences omiques, c’est quoi ?

Les sciences omiques regroupent diverses disciplines de la biologie qui visent à analyser de manière globale l'ensemble des molécules d'un système vivant. On distingue notamment :

  • Génomique: Étude de l'ensemble du matériel génétique (ADN) d'un organisme ;
  • Transcriptomique: Analyse de l'ensemble des molécules d'ARN produites par le génome(transcription des gènes) ;
  • Protéomique: Étude du répertoire complet des protéines présentes dans une cellule ou un tissu ;
  • Métabolomique: Observation et quantification de l'ensemble des métabolites (petitesmolécules) dans les fluides biologiques ;
  • Épigénomique: Analyse des modifications épigénétiques qui régulent l'expression des gènes sans changer la séquence d'ADN.

Contrairement aux méthodes traditionnelles qui étudient un seul gène ou une seule protéine, les sciences omiques cartographient un système entier. Elles s'appuient sur des analyses automatisées capables de traiter des milliers de données moléculaires en même temps. En médecine, elles aident à comprendre des maladies complexes ou à trouver des solutions pour des diagnostics difficiles.

Le Pr Antoine Adenis, chef de pôle santé publique – recherche du CHU de Guyane, et Brian Martin, venu en Guyane pour l’installation de la plateforme PBSM, à l’ISPA.
Pierre-Yves Carlier
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