CHU Guyane
Recherche

Pour les patients dialysés, la fistule se révèle une solution durable

En Guyane, une étude du CHU de Guyane montre que trois fistules artério-veineuses sur quatre restent fonctionnelles après un an. Obésité, tabagisme et faible débit sanguin augmentent le risque d’échec, nous explique Donovan Siesa en BD.
23 September 2026
Partager l’article
Left arrow
Right arrow

En Guyane, une étude du CHU de Guyane montre que trois fistules artério-veineuses sur quatre restent fonctionnelles après un an. Obésité, tabagisme et faible débit sanguin augmentent le risque d’échec, nous explique Donovan Siesa en BD.

BD : Donovan Siesa / Texte : Pierre-Yves Carlier

Pour que la dialyse soit possible et efficace, il faut un bon débit sanguin. Celui des veines est trop faible. Celui des artères est bon, mais on ne peut pas les piquer de façon répétée. Les professionnels de santé ont donc recours à une fistule artério-veineuse. Il s’agit d’une dérivation du sang de l’artère vers une veine.

Celle-ci va grossir et possèdera un débit adapté. Il s’agit de la méthode privilégiée pour les patients en hémodialyse.

En effet, la fistule dure plus longtemps et comporte moins de risque qu’un cathéter. Cette pratique est courante au CHU de Guyane. Le Dr Devi Rochemont, responsable d’étude et responsable du registre Rein, a souhaité vérifier la durabilité de cette technique dans le contexte de la Guyane. Elle a donc étudié les 226 fistules créées à l’hôpital de Cayenne entre 2018 et 2022, chez 176 patients. Les résultats ont été publiés en début d’année.

Le Dr Rochemont a vérifié chacune d’elles six semaines après la création puis un an après. « La vérification à six semaines permet de repérer un éventuel problème technique. Celle à un an vise à s’assurer de son maintien. Il s’agit de la méthodologie internationale standard », explique la chercheuse. Elle a ensuite analysé les données démographiques, les comorbidités et les paramètres vasculaires des patients, ainsi que les caractéristiques techniques de la fistule et la saison de création (sèche oupluvieuse). La durabilité des fistules ayant été surtout étudié en zone tempérée, le Dr Rochemont voulait vérifier l’impact du climat guyanais.

Ses analyses ont montré que les fistules à faible débit semblent plus vulnérables pendant la saison des pluies. Ce résultat nécessite d’être confirmé par des études prospectives. Un débit artériel élevé à l’inverse est favorable à la durabilité de la fistule. Côté facteurs cliniques, l’obésité etle tabagisme actif ressortent comme les principaux facteurs de risque d’échec àun an, tandis que le fait d’avoir déjà eu plusieurs fistules réduit les chancesde succès des suivantes. En revanche, contrairement à ce que suggère parfois la littérature, le diabète, n’apparaît pas ici associé à risque d’échec. Finalement, près des trois quarts des fistules (73,7 %) atteignaient un an.« C’est cohérent avec ce qui est décrit dans la littérature, qui va de 60 à 80 % de succès. Et ce malgré les défis de la Guyane : isolement géographique, barrière socioculturelle. Cela signifie que l’hôpital estperformant », se réjouit le Dr Rochemont.

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

Les Recherches du CHU :
Pionniers de l'Innovation en Santé

La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.

Recherche
23 September 2026

La PBMS-Guyane : une plateforme de pointe au service de la recherche en Amazonie

Cette plateforme, installée début juin à l’ISPA, apporte des informations essentielles sur les mécanismes des maladies et contribue au développement d’une médecine de précision adaptée aux particularités sanitaires et scientifiques du territoire guyanais.
En savoir plus
Recherche
23 September 2026

L’ISPA : la concrétisation d’une ambition

L’Institut Santé des Populations en Amazonie – bâtiment enseignement-recherche du CHU de Guyane – a été inauguré le 16 juin. A cette occasion, son amphithéâtre a pris le nom d’Alice Sollier, première femme de couleur diplômée de médecine en France.
En savoir plus
Recherche
23 September 2026

Histoplasmose : comment l’accès au diagnostic a été facilité

Au mois d’août 2026, plusieurs chercheurs du CHU de Guyane ont publié l’article principal de l’étude Ediraphis. Cette recherche pionnière, menée de 2013 à 2015 en Guyane et au Suriname, démontre l’intérêt d’outils diagnostiques simples à utiliser et faciles d’accès pour confirmer les cas d’histoplasmose. Elle révèle également l’existence et le poids de la maladie au Suriname.
En savoir plus
Recherche
23 September 2026

#14 La recherche médicale en pratiques : l’analyse des données

Le dessinateur Olivier Copin continue de nous faire découvrir les étapes d’un projet de recherche médicale. Celui-ci touche à sa fin. La base de données a été gelée. Il s’agit maintenant de les analyser, de dresser des statistiques et de les mettre en forme. C’est le travail du biostatisticien.
En savoir plus
Recherche
23 September 2026

Comment la DRCI et le DRISP accompagnent les porteurs de projets

La DGOS et le Girci Soho ont lancé plusieurs appels à projets de recherche. Le CHU de Guyane soutient les candidats dans la rédaction de leur lettre d’intention et du dossier complet.
En savoir plus
Les Journées des soignants, les 22 et 23 avril à l’ISPA, à Cayenne.
Recherche
23 July 2026

Les JDS déménagent à l’ISPA

Pour la première fois, les Journées des travaux scientifiques des soignants de Guyane se sont déroulées dans le bâtiment enseignement – recherche du CHU de Guyane. Cet événement s’est déroulé sous l’objectif du photographe Ronan Liétar, qui vous les fait revivre.
En savoir plus
Left arrow
Right arrow