Pour les patients dialysés, la fistule se révèle une solution durable

En Guyane, une étude du CHU de Guyane montre que trois fistules artério-veineuses sur quatre restent fonctionnelles après un an. Obésité, tabagisme et faible débit sanguin augmentent le risque d’échec, nous explique Donovan Siesa en BD.
BD : Donovan Siesa / Texte : Pierre-Yves Carlier

Pour que la dialyse soit possible et efficace, il faut un bon débit sanguin. Celui des veines est trop faible. Celui des artères est bon, mais on ne peut pas les piquer de façon répétée. Les professionnels de santé ont donc recours à une fistule artério-veineuse. Il s’agit d’une dérivation du sang de l’artère vers une veine.
Celle-ci va grossir et possèdera un débit adapté. Il s’agit de la méthode privilégiée pour les patients en hémodialyse.
En effet, la fistule dure plus longtemps et comporte moins de risque qu’un cathéter. Cette pratique est courante au CHU de Guyane. Le Dr Devi Rochemont, responsable d’étude et responsable du registre Rein, a souhaité vérifier la durabilité de cette technique dans le contexte de la Guyane. Elle a donc étudié les 226 fistules créées à l’hôpital de Cayenne entre 2018 et 2022, chez 176 patients. Les résultats ont été publiés en début d’année.
Le Dr Rochemont a vérifié chacune d’elles six semaines après la création puis un an après. « La vérification à six semaines permet de repérer un éventuel problème technique. Celle à un an vise à s’assurer de son maintien. Il s’agit de la méthodologie internationale standard », explique la chercheuse. Elle a ensuite analysé les données démographiques, les comorbidités et les paramètres vasculaires des patients, ainsi que les caractéristiques techniques de la fistule et la saison de création (sèche oupluvieuse). La durabilité des fistules ayant été surtout étudié en zone tempérée, le Dr Rochemont voulait vérifier l’impact du climat guyanais.
Ses analyses ont montré que les fistules à faible débit semblent plus vulnérables pendant la saison des pluies. Ce résultat nécessite d’être confirmé par des études prospectives. Un débit artériel élevé à l’inverse est favorable à la durabilité de la fistule. Côté facteurs cliniques, l’obésité etle tabagisme actif ressortent comme les principaux facteurs de risque d’échec àun an, tandis que le fait d’avoir déjà eu plusieurs fistules réduit les chancesde succès des suivantes. En revanche, contrairement à ce que suggère parfois la littérature, le diabète, n’apparaît pas ici associé à risque d’échec. Finalement, près des trois quarts des fistules (73,7 %) atteignaient un an.« C’est cohérent avec ce qui est décrit dans la littérature, qui va de 60 à 80 % de succès. Et ce malgré les défis de la Guyane : isolement géographique, barrière socioculturelle. Cela signifie que l’hôpital estperformant », se réjouit le Dr Rochemont.
Les Recherches du CHU :
Pionniers de l'Innovation en Santé
La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.










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