Les CHU au coeur de la santé

Longtemps, on a cru que la lèpre avait été introduite sur le continent américain par les colons européens et la traite transatlantique, faute de trace ancienne de cette maladie identifiée à ce jour. Ainsi on pense que c’est probablement dans ce cadre que la bactérie Mycobacterium leprae, décrite dès 1873 et principale responsable de la maladie, est arrivée dans les Amériques. Cependant, une deuxième bactérie responsable de la lèpre, Mycobacterium lepromatosis, a été découverte en 2008 au Mexique. Fin mai, Science, une des revues scientifiques les plus prestigieuses au monde, a publié un article révélant pour la première fois que cette espèce récemment décrite « circulait déjà au sein de la population humaine, à travers le continent, plusieurs siècles avant l’arrivée des Européens ». Le CHU de Guyane a participé à cette découverte !
Le service de dermatologie du CHU de Guyane travaille de longue date sur cette maladie avec une antenne de lutte anti-hansénienne dirigée successivement par les Pr Pierre Couppié puis Romain Blaizot. D’abord sur la prise en charge des patients avec trois à quatorze nouveaux cas diagnostiqués et traités chaque année. Sur la recherche aussi, avec de nombreux articles sur l’épidémiologie et la prise en charge de la lèpre en Guyane, et les effets des antirétroviraux, notamment. Sur le volet de la transmission, le projet de recherche EPI-LEPR a testé plusieurs hypothèses afin d’explorer la transmission de la lèpre de l’animal à l’homme. Dans ce cadre et celui des collaborations internationales nouées dans le projet, des échantillons prélevés en Guyane ont été analysés. En particulier, deux chercheurs américains s’en sont chargés : Charlotte Avanzi, de l’Université de l’État du Colorado, et Ramanuj Lahiri, chercheur au Programme américain de lutte contre la maladie de Hansen, l’autre nom de la lèpre. Ainsi, quand les auteurs à l’origine de l’article ont cherché la trace de Mycobacterium lepromatosis partout sur le continent, ils se sont rappelés qu’ils avaient analysé des échantillons venus de Guyane française. « C’est dans ce cadre que les auteurs nous ont proposé de participer, afin de pouvoir utiliser nos données, car Mycobacterium lepromatosis est encore peu recherché en routine », explique le Dr Schaub, médecin coordonateur du projet EPI-LEPR.
Pour la petite histoire, aucun des échantillons de Guyane analysés n’a révélé la présence de cette espèce. A chaque fois, il s’agissait de l’autre, Mycobacterium leprae, a priori importée après 1492. La collaboration se poursuit tout de même avec les chercheurs américains, se réjouit le Dr Schaub : « Nous continuons à travailler avec eux, dans le cadre de ce projet mais aussi de projets à venir. Ils vont ainsi rechercher des anticorps dirigés contre la lèpre dans les prélèvements sanguins réalisés pour l’étude Orpal 3. Nous travaillons aussi actuellement à la rédaction d’articles sur EPI-LEPR et sur la rédaction d’autres projets de recherche. Ce sont des collaborations pérennes… » et fructueuses !
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