CH Guyane
Saint-Laurent du Maroni

Les CHU au coeur de la santé

01 October 2025
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Que doit dire un professionnel de santé à une femme enceinte, quand il découvre que son fœtus n’a aucune chance de survie ? Comment s’entendre quand la mère veut le garder au risque de mettre sa vie en péril et que le professionnel veut la protéger ? C’est ce qu’a voulu savoir le Dr Théault Breuer, gynécologue-obstétricien au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni. Il a réalisé son travail de mémoire sur le sujet eta présenté ses résultats aux dernières Journées des soignants, en avril.

Le Dr Théault Breuer

« Je travaille avec le Dr Véronique Lambert, qui exerce de longue date à Saint-Laurent, relate-t-il. Elle avait le sentiment que, malgré le faible recours à l’interruption médicale de grossesse (IMG), les grossesses de ces femmes ne se passaient pas si mal, contrairement à ce que dit la littérature. C’est ce que j’ai voulu vérifier. Notre objectif était de savoir si on pouvait aller dans le sens des patientes qui ne veulent pas arrêter leur grossesse ou s’il fallait insister sur le fait qu’elles s’exposent à des risques. » La conclusion : en l’absence d’IMG, le risque est plus élevé pour la mère. Mais si elle s’inscrit dans un parcours de soins palliatifs, les risques sont réduits.

Pour son étude, le Dr Breuer s’est intéressé aux dossiers de103 patientes prises en charge à Saint-Laurent-du-Maroni, entre 2013 et 2023.Le diagnostic anténatal avait révélé une pathologie fœtale sévère. « Il s’agit des pronostics les plus sévères : des enfants qui ne sont pas viables à la naissance » et pour lesquels l’accouchement pourrait entraîner des complications pour la mère.

Une parturiente sur deux a eu recours à l’IMG, moins que dans l’Hexagone dans des cas similaires. Pour les autres, le Dr Breuer a constaté « un taux accru de césariennes, d'hémorragies du post-partum graves ainsi qu'un séjour maternel en unité de soins intensifs ». Il distingue toutefois les femmes pour lesquels des soins palliatifs sont organisés en amont de l’accouchement. Pour celles-ci, le recours à la césarienne est rare (1 sur 24). Pour les autres, c’est le recours à la césarienne qui fera peser des risques sur la mère.

En effet, « il est reconnu que la réalisation d’une césarienne expose la patiente à une augmentation de morbidité à court terme et à long terme ». Habituellement, la césarienne est proposée pour améliorer les chances du bébé, ou dans des cas exceptionnels pour un sauvetage maternel. Or dans ces cas de pathologies fœtales sévères, il n’y a aucun bénéfice à attendre pour le nourrisson et uniquement des risques à faire peser sur la mère.

Ce genre de cas reste rare : un ou deux par an à Saint-Laurent-du-Maroni. « C’est toutefois plus qu’en Hexagone, où une équipe en verra un ou deux dans toute une carrière, précise-t-il. On peut donc témoigner d’une expertise vis-à-vis de ces patientes, pertinente à partager aux autres professionnels. Il n’est pas question de faire des protocoles avec ce genre de dossiers car la prise en charge relève du cas par cas. »

Enfin, ce travail confirme l’importance « d’augmenter l’offre de soins de proximité pour cette population (…) afin de faciliter le processus de prise de décision aux futurs parents et d’éviter des situations complexes aux équipes obstétricales et pédiatriques ». Cela passe aussi par les démarches d’aller-vers, la médiation en santé et l’entretien psychologique.

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

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