CH Guyane

Les CHU au coeur de la santé

01 October 2025
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L’épidémie de Covid-19 avait révélé les difficultés à s’alimenter de nombreux foyers en Guyane. Les chercheurs du CHU de Guyane, en collaboration avec l’IRD, l’Inserm et l’Université de Guyane, ont souhaité savoir ce qu’il en était pour les femmes enceintes et les conséquences pour leur bébé. Pour cela, ils ont interrogé 730femmes entre janvier et septembre 2023 dans les trois maternités du territoire, dans le cadre du projet Nutri pou Ti’moun. Les résultats de cette enquête ont été publiés en mai. Ils confirment l’ampleur et la sévérité de la précarité alimentaire pour certains ménages sur le territoire : en Guyane, une femme sur trois était en situation d’insécurité alimentaire et nutritionnelle pendant la grossesse.

Comment l’insécurité alimentaire se traduit chez les femmes enceintes de Guyane.

Les femmes les plus à risque de se retrouver en insécurité alimentaire durant leur grossesse étaient celles :

-         Vivant dans un logement insalubre ;

-         Vivant seules avec leurs enfants ;

-         Étant nées à l’étranger, qu’elles aient ou non un titre de séjour.

« Les résultats ont également montré que les femmes pouvant compter sur leur entourage (entraide, dons alimentaires, bons plans) et/ou celle ayant une bonne estime d’elles-mêmes étaient moins souvent en situation d’insécurité alimentaire pendant leur grossesse. Cela souligne la capacité d’agir et les ressources pour faire face des femmes devant les difficultés rencontrées pendant leur grossesse », souligne le Dr Célia Basurko, médecin épidémiologiste au Département Recherche Innovation Santé publique du CHU de Guyane.

En outre, l’étude a également souligné la faible diversité alimentaire des participantes au troisième trimestre de grossesse. Moins d’une sur deux (46%) avait une alimentation suffisamment variée pour apporter les micronutriments nécessaires à une bonne santé. Si elles étaient plus de 80 % à avoir consommé des céréales, racines ou tubercules, ainsi que de la viande ou du poisson la veille de l’enquête, moins de la moitié avaient mangé des légumes à feuilles vertes, des aliments riches en vitamine A, d’autres légumes ou d’autres fruits.

Cette étude fait partie du programme de recherche Nutri pou Ti’moun comportant plusieurs volets en cours de réalisation et d’analyse, notamment :

-         Une étude sur les pratiques de l’allaitement maternel ;

-         Une enquête anthropologique sur les pratiques traditionnelles et les adaptations pendant leur grossesse et le post-partum (en collaboration avec l’Université de Guyane) ;

-         Une évaluation de la mise en œuvre et de l’impact d’une intervention pilote.

« Il semble indispensable d’avoir une approche mixte pour bien comprendre les situations d’insécurité alimentaire, avec des enquêtes épidémiologiques et des études en sciences humaines et sociales »,constate le Dr Basurko. Certains résultats feront l’objet de communications aux Assises amazoniennes de gynécologie, obstétrique et anesthésie, du 12 au 24novembre 2025.

Financeurs :Agence régionale de santé (ARS) de Guyane, Centre hospitalier de Cayenne, Direction générale de la cohésion et des populations (DGCopop); préfecture de Guyane.

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

Les Recherches du CHU :
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