CHU Guyane

Cancer du pénis : rare mais en augmentation

Le cancer du pénis est un cancer rare. Mais l’équipe d’urologie du CHU de Guyane, basée à Kourou, en voit de plus en plus. Elle vient de publier un état des lieux des patients pris en charge depuis 2004 et souhaite sensibiliser les hommes et les professionnels de santé à cette maladie.
24 June 2026
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Le cancer du pénis est un cancer rare. Mais l’équipe d’urologie du CHU de Guyane en voit « de plus en plus » ces dernières années, témoigne le Dr Khalil Chalhoub. « Nous avons donc voulu faire un état des lieux des patients opérés à l’hôpital de Kourou », où exercent les urologues du CHU et où les patients sont pris en charge. Les résultats ont été publiés fin 2025 dans le British Journal of Urology International (BJUI).

Dr Chalhoub

Avec vingt-deux cas en vingt ans, de 2004 à 2024, mais « deux ou trois par an désormais », le cancer du pénis semble plus fréquent en Guyane qu’ailleurs. Issus pour un peu plus de la moitié de la communauté bushinenge, les patients sont plus jeunes – 55 ans en moyenne lorsque la maladie est découverte – et sont diagnostiqués à un stade plus avancé qu’ailleurs. « Un patient sur cinq était âgé de moins de 40 ans contre 71 ans en moyenne dans l’Hexagone, poursuit le Dr Chalhoub (…) Nous avons également retrouvé plusieurs patients venus consulter avec des métastases ganglionnaires. »

Le dernier fait marquant tient au fait qu’il s’est déroulé en moyenne onze mois entre l’apparition de la première lésion sur le pénis et la première consultation chez un médecin. Ce délai anormalement long a interpelé les urologues :  « Certes, c’est un cancer indolore mais qui est normalement visible. »

Les causes de ce retard n’ont pas été étudiées, mais au moins deux sont envisageables :

  • L’éloignement géographique avec l’hôpital de Kourou ;
  • L’hésitation à consulter face à des lésions intimes.

C’est la raison pour laquelle les auteurs de l’article souhaitent « sensibiliser les professionnels de santé à ce type de lésion : toute lésion pénienne indolore, qu’elle soit bourgeonnante ou symptomatique, doit conduire rapidement à une consultation spécialisée », recommande le Dr Chalhoub.

Lésions à la base de la verge

Si le fait de ne pas être circoncis est le principal facteur associé, les urologues ont constaté que dans quatre cas sur dix, le patient était infecté par le HPV. « Souvent, quand on pense aux papillomavirus, on pense au cancer du col de l’utérus chez les femmes. Mais cela peut toucher les hommes, avec les cancers de la verge et de l’anus. » Ils rappellent donc que la vaccination contre les HPV est importante chez les hommes comme chez les femmes, car elle permet de prévenir une partie de ces cancers.

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

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La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.

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