CHU Guyane

Escargots géants africains : quel risque ?

Depuis son introduction en Guyane à la fin des années 1990, l’escargot géant africain a proliféré. Il est porteur d’un parasite pouvant provoquer une forme de méningite chez l’homme lors de sa consommation. Des chercheurs ont étudié ce risque. Retrouvez leurs explications dans cette BD du dessinateur Donovan Siesa !
01 July 2026
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Depuis leur introduction à la fin des années 1990 en Guyane, nous avons l’habitude de croiser les escargots géants africains (Lissachatina immaculata) dans nos jardins, en particulier dans l’Île-de-Cayenne. Ils sont porteurs d’un parasite – Angiostrongylus cantonensis – qui peut provoquer une forme de méningite chez l’homme dite méningite à éosinophiles. Les symptômes les plus courants sont des troubles digestifs, des maux de tête sévères et des manifestations neurologiques. « Bien que la plupart des infections soient bénignes et guérissent sans traitement, certains cas peuvent être mortels, en particulier chez les jeunes enfants », soulignent les auteurs d’une étude réalisée aux Antilles et en Guyane et publiée en mars. Des spécialistes du CHU de Guyane y ont participé, dont le Pr Loïc Epelboin, infectiologue.

« Ce parasite vit généralement chez les rats, mais les humains peuvent devenir des hôtes accidentels s'ils consomment des escargots crus ou insuffisamment cuits »  ou des crustacés d’eau douce infectés, expliquent-ils. L’angiostrongylose reste rare toutefois : 3 000 cas décrits dans le monde depuis le premier cas diagnostiqué en 1945 à Taïwan. Aux Antilles, un premier cas a été repéré en 2002. En Guyane, l’unique cas remonte à 2019. En 2022, un couple de Vila Vitoria, village en face de Saint-Georges, était tombé malade à son tour.

Carte des cas d’angiostrongylose détectés en Amazonie, chez l’humain, chez les gastropodes et chez les rongeurs. Carte : Anissa Desmoulin

Face à la prolifération de ces escargots, il était toutefois utile de mieux connaître la situation. Des escargots ont été collectés en Guyane, Martinique et Guadeloupe. Chez nous, des naturalistes et des soignants se sont mobilisés pour fournir 166 spécimens aux chercheurs. Leur ADN a été extrait et l’Institut Pasteur de Guadeloupe a vérifié s’ils étaient porteurs du parasite :

  • En Guadeloupe, près de deux escargots sur cinq étaient infectés (38,8 %) ;
  • En Martinique, un peu plus d’un sur quatre (27,6%) ;
  • En Guyane, près d’un sur six (15,7 %).

C’est dans l’Île-de-Cayenne et notamment à Rémire-Montjoly (48,1 %), ainsi qu’à Roura (20 %) que le plus d’escargots étaient porteurs du parasite. Davantage qu’à Matoury (17,2 %), Cayenne (9,1 %), Kourou (2,5 %) et Saint-Laurent-du-Maroni (0 %). Les chercheurs ont aussi montré que la variété d’escargots géants africains en cause en Guyane n’est pas la même qu’ailleurs dans le monde. De son côté, l’Institut Pasteur de Guyane mène d’autres études sur ce parasite chez les rats.

« Malgré des taux d'infection élevés chez les gastéropodes, les cas chez l'homme restent relativement rares, probablement en raison des interactions limitées entre l'homme et les gastéropodes et des pratiques culinaires locales », soulignent les auteurs. Ils avancent plusieurs explications : l’habitude prise de les détruire depuis que l’on sait qu’ils sont vecteurs de maladie et le fait qu’ils soient rarement consommés. Prudence néanmoins !

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche
Donovan Siesa
La Lettre Recherche

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La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.

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