CHU Guyane

Le CRB, rouage essentiel pour la recherche en santé

Le Centre de Ressources Biologiques (CRB) du Centre Hospitalier de Cayenne (CHC) est le lieu de conservation des fluides (urine, sang, sérum, ...) et des tissus qui serviront aux chercheurs, en Guyane et ailleurs dans le monde, à étudier les maladies infectieuses et tropicales et tout ce qui peut aider à améliorer la santé des Guyanais.
01 July 2026
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Publié le 29 juin 2023,

Le Centre de Ressources Biologiques (CRB) du Centre Hospitalier de Cayenne (CHC) est le lieu de conservation des fluides (urine, sang, sérum, ...) et des tissus qui serviront aux chercheurs, en Guyane et ailleurs dans le monde, à étudier les maladies infectieuses et tropicales et tout ce qui peut aider à améliorer la santé des Guyanais. Plus de 10 000 échantillons y sont conservés. L’an dernier, il a reçu deux certifications ISO : ISO 9001 pour le management de la qualité et ISO 20387, une norme spécifique aux bio banques, reconnue dans le monde entier. Le 2 mai se sont tenues les contre-visites. Les certificateurs n’ont relevé aucune non-conformité. Il s’agit actuellement du seul CRB humain européen en Amérique latine. Il est donc incontournable pour faire avancer la connaissance sur les pathologies locales et donc d’améliorer la santé des Guyanais.

Le Centre de Ressources Biologiques (CRB) est d’abord un lieu de conservation. Des congélateurs à – 150°C, à – 80°C, à – 35°C et des frigos à 4°C permettent de stocker plus de 10000 échantillons humains : des fluides (urine,sang, sérum, ...), dans la sérothèque, et des tissus, dans la tumorothèque. Dans ce congélateur à – 150°C, Shana Augustin, technicienne biobanque, récupère des cellules qui doivent rester vivantes, comme les cellules souches et les globules blancs.

Shana Augustin, technicienne biobanque, récupère un échantillon pour qu’il soit analysé. La hotte empêche toute contamination des cellules qui sont récupérées. Tous les tubes conservés au CRB sont numérotés et anonymisés.

Shana Augustin place ensuite son échantillon dans cet appareil, qui va compter le nombre de cellules.

Sur son ordinateur, Shana Augustin vérifie les paramètres de son échantillon. Une fois l’échantillon anonymisé et numéroté, il est impossible au chercheur de retrouver sur qui il a été prélevé. Le CRB est né après l’épidémie de zika en2016, se souvient-elle : «Nous avions un nouveau virus dont on ne connaissait pas l’impact sur la santé. Cela nous a alerté sur l’intérêt de faire de la recherche. Il fallait récupérer les placentas pour mener des études dessus. Il fallait pouvoir les stocker. Les laboratoires peuvent les conserver mais ne sont pas adaptés. »

Dans ce congélateur à – 80°C, peuvent être stockés des prélèvements nasopharyngés réalisés pendant les premières vagues de Covid-19, des urines de personnes souffrant d’histoplasmose, des échantillons de sang de participants à l’étude Nutri pou Ti’moun que nous vous avons présentée dans cet article.  C’est au CRB aussi que sont conservés des échantillons de patients souffrant de la lèpre ou du cancer du sein.

Des étiquettes informent le personnel du CRB du contenu de chaque congélateur. Les échantillons sont répartis de telle manière à ouvrir le moins souvent possible les appareils. Pour l’instant, les échantillons proviennent uniquement du CHC. Une collaboration avec les autres établissements de Guyane est possible, mais il faut une traçabilité parfaite.

Des sondes surveillent en permanence la température des congélateurs. En cas de variation anormale de la température, le personnel du CRB est alerté par mail et par SMS. Il faut toutefois plusieurs heures pour que de tels changements de température aient un impact sur les échantillons.

Les échantillons sont passés dans une centrifugeuse. Elle va permettre de séparer les différentes phases (éléments) de l’échantillon. Par exemple, pour du sang, elle séparera le sérum, le plasma, les globules rouges… mais aussi des déchets comme le fer. Cela permettra aux chercheurs de n’étudier que les éléments qui les intéressent.

Hugo Pouchain, responsable opérationnel et qualité du CRB, transporte des échantillons prêts à être expédiés à des chercheurs à travers le monde. Durant leur acheminement, ils sont généralement conservés dans de la carboglace.

Le Dr Kinan Drak-Alsibai, chef de service d’anatomie et cytologie pathologique, et responsable médical du CRB, sacrifie des tubes, une fois par an, pour vérifier au microscope qu’ils ont été bien conservés.

L’équipe du CRB – Shana Augustin, technicienne biobanque, Hugo Pouchain, responsable opérationnel et qualité, et le Dr Kinan Drak Alsibai, responsable médical – avec les deux certificats ISO. Peu après la contre-visite, le Centre Hospitalier de Cayenne a été informé qu’il recevra 150000 euros du Ministère de la Santé au titre de ses missions d’enseignement, de recherche, de référence et d’innovation (MERRI) du CRB. Les patients ont également d’autres droits, notamment ceux de savoir à quelles recherches serviront les échantillons et de s’y opposer. Des informations leur sont régulièrement transmises sur le sujet afin qu’ils puissent s’opposer à leur utilisation pour la recherche en général ou pour certains projets en particulier.

Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche
Ronan Liétar

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La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.

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