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Chik-Re-Vac : mesurer l’efficacité des vaccins contre le chikungunya pendant l’épidémie

Pour la première fois au monde, des vaccins sont disponibles au moment où débute une épidémie de chikungunya. Le CHU de Guyane étudie leur efficacité dans cette circonstance bien particulière. Le Dr Paul Le Turnier, médecin d’étude clinique, nous présente l’étude Chik-Re-Vac.
21 July 2026
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Dr Paul Le Turnier

Qu’est-ce que l’essai Chik-Re-Vac ?

Il s’agit de voir quelle est l’efficacité des vaccins contre le chikungunya en vie réelle. On sait, par les précédentes études, qu’ils sont sûrs et qu’ils génèrent des anticorps. Mais nous ne savons pas encore quelle protection ils nous apportent pendant une épidémie, c’est-à-dire quand le virus circule. L’étude Chik-Re-Vac a débuté à La Réunion il y a environ un an, alors que l’épidémie était déjà en recul. Elle n’a donc pas apporté toutes les réponses souhaitées. Nous avons la chance de pouvoir la démarrer alors que l’épidémie a débuté depuis peu en Guyane notamment dans l’Île-de-Cayenne. Nous pourrons donc évaluer la fréquence de maladie chikungunya parmi les participants, en comparant ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas.

Comment se déroule cet essai pour le patient ?

Nous proposons d’abord à des patients hospitalisés au CHU de Guyane – site de Cayenne de participer. Ils auront le choix alors de se faire vacciner par l’un des vaccins de la campagne de vaccination ou de refuser. Le choix de se faire vacciner est toujours donné au participant. De même le choix de participer à l’étude ou d’arrêter de participer à n’importe quel moment est toujours donné au participant. Nous réalisons une première analyse sanguine lors de l’inclusion dans l’étude pour mesurer de façon précise l’immunité contre le chikungunya. Ensuite, nous les recontacterons régulièrement pour savoir si le vaccin a éventuellement provoqué des effets secondaires, et pour savoir s’ils ont eu des symptômes du chikungunya en lien avec une confirmation de la maladie par un test sanguin. Encore une fois, le but est d’inclure un maximum de participants au plus tôt, avant le pic de l’épidémie, que ces personnes se soient fait vacciner ou non. C’est ce qui nous permettra de comparer les infections entre les vaccinés et les non-vaccinés. Les personnes souhaitant participer peuvent nous contacter 0594 39 73 94.

Il s’agit d’un essai de phase 4. Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie ?

L’essai de phase 4 n’est plus vraiment un essai clinique, puisqu’on sait déjà que le vaccin est sûr et qu’il aide à produire des anticorps contre le virus grâce aux données accumulées dans les essais cliniques de phases précoces (1 et 2) puis de phase 3 (efficacité sur un grand nombre d’individus). Le vaccin bénéficie déjà d’une autorisation de mise sur le marché et était déjà utilisé ailleurs. Il ne s’agit pas de tester des nouveaux vaccins dans la population. Il s’agit désormais de mesurer son efficacité et de surveiller les éventuels effets secondaires en vie réelle, c’est-à-dire quand le virus circule dans une population plus large et moins sélectionnée. Chik-Re-Vac appartient à ce type d’étude.

Dans le cas des vaccins contre le chikungunya, les études cliniques antérieures ont pu apporter des informations rassurantes sur la sécurité d’administration (les effets indésirables) et sur la capacité à faire produire des anticorps chez les personnes vaccinées. Mais actuellement, aucune étude n’a pu évaluer la protection contre le chikungunya au cours d’une épidémie lorsque la personne vaccinée est confrontée au virus.

Ce type d’étude permet de répondre aux questions suivantes : Le vaccin se révèle-t-il plus efficace chez les jeunes ? Chez les sujets âgés ? Évite-t-il d’être infecté ou de développer une forme grave ? Perd-il de l’efficacité ou augmente-t-il les effets secondaires chez des personnes avec des maladies chroniques, chez les femmes enceintes ? A-t-il des effets indésirables dans certaines catégories de population ? Perd-il de l’efficacité au bout de trois mois, six mois, un an, jamais ? Pour répondre à toutes ces interrogations, il n’est pas question d’exposer volontairement des participants à un virus bien sûr.  C’est donc la réalisation de l’étude pendant l’épidémie en cours qui nous apportera les réponses.

Pour participer à l’étude Chik-Re-Vac, contacter le 0594 39 73 94.

Fin mai, l’équipe chargée de mettre en place l’étude Chik-Re-Vac au CHU de Guyane a reçu ses homologues de La Réunion, à l’ISPA.

Pierre-Yves Carlier
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