CHU Guyane
Saint-Laurent du Maroni
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Pourquoi il faut dépister l’asthme chez les enfants drépanocytaires

Le Dr Gabriel Bafunyembaka, pneumopédiatre au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni, a découvert que l’asthme touchait près d’un enfant drépanocytaire sur trois, en Guyane. Celui-ci est trop peu souvent diagnostiqué et aggrave certaines complications. Il a soutenu sa thèse d’université sur ce sujet.
21 July 2026
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La drépanocytose touche environ 2 000 personnes en Guyane. Ses complications sont multiples : crises vaso-occlusives, syndromes thoraciques aigus voire accidents vasculaires cérébraux (AVC). C’est particulièrement le cas chez les enfants. Longtemps, ces complications ont été mises sur le compte de la drépanocytose. Le Dr Gabriel Bafunyembaka, pneumopédiatre au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni, a émis l’hypothèse qu’elles étaient en fait dû à un asthme non diagnostiqué. Il a voulu en avoir le cœur net.

En testant 140 enfants drépanocytaires de 5 à 17 ans suivis dans les trois sites du CHU de Guyane (Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni), il a montré que près d’un tiers (30,7 %) étaient asthmatiques. C’était bien plus que ce que laissaient supposer les dossiers médicaux (moins de 10 %). Il plaide donc pour un dépistage systématique de l’asthme chez les enfants drépanocytaires. Ces résultats ont été présentés dans sa thèse d’université, soutenue avec succès le 12 décembre 2025.

Ce ne sont pas les seules conclusions de ses recherches. Le Dr Bafunyembaka a montré que l’asthme aggrave les complications dues à la drépanocytose, comme nous vous l’avions relaté dans cet article de la Lettre Recherche. Cela signifie que les enfants drépanocytaires asthmatiques, en particulier ceux de 8 à 14 ans, présentent un risque accru de développer ces complications par rapport aux autres enfants drépanocytaires. Avec des conséquences majeures : le syndrome thoracique aigu est par exemple la principale cause de mortalité chez ces enfants. Diagnostiquer l’asthme et donc pouvoir le prendre en charge sont essentiels.

« Dans l’ensemble, nos résultats convergent avec les données de la littérature récente pour démontrer que l’asthme est non seulement fréquent, mais également un facteur déterminant dans l’évolution de la drépanocytose pédiatrique, conclut le pneumopédiatre. Comparativement aux enfants sans asthme, les enfants drépanocytaires asthmatiques présentent une morbidité accrue, une fréquence plus élevée de complications respiratoires et neurologiques, ainsi qu’un recours plus important aux soins hospitaliers. Ces constats ont des implications cliniques majeures : le dépistage systématique de l’asthme doit être intégré au suivi des enfants drépanocytaires, avec la réalisation régulière d’explorations fonctionnelles respiratoires et une prise en charge multidisciplinaire incluant hématologues, pneumologues et allergologues. »

Le Dr Bafunyembaka envisage plusieurs suites à ses travaux :

  • Préciser les liens de causalité entre asthme et complications aiguës ;
  • Identifier le profil des enfants à risque ;
  • Étudier le rôle des facteurs environnementaux spécifiques de la Guyane ;
  • Mesurer l’impact d’un dépistage systématique et d’une prise en charge optimisée de l’asthme chez les enfants drépanocytaires.

À plus long terme, il aimerait voir se développer des recherches sur les mécanismes génétiques et épigénétiques influençant l’interaction entre les deux maladies.

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Pierre-Yves Carlier
La Lettre Recherche

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