Projet Curema : ça démarre !

Publié le 29 juin 2023,
Dans la Lettre Recherche du mois de mars, nous vous avons présenté le projet Curema. Ce projet vise à évaluer une intervention en santé publique innovante, qui a pour ambition de contribuer à l’élimination du paludisme dans la région. Lors des inclusions dans ce projet, les médiateurs proposent le Malakit, c’est-à-dire le kit qui permet de se diagnostiquer et de se traiter soi-même contre le paludisme, ainsi que un traitement radical contre les rechutes liées à Plasmodium vivax. Celui-ci n’est donné qu’après avoir vérifié que le participant ne présente pas de contre-indication. Les participants prenant le traitement radical sont suivis pendant deux semaines, par téléphone ou via une application. Le but est de vérifier qu’ils prennent bien leur traitement et qu’aucun événement indésirable ne survient.

Vingt médiateurs formés

Avant de mettre en place le projet sur le terrain, il a fallu former les médiateurs du projet, qui vont à la rencontre de la population d’étude. Cela s’est déroulé pendant trois semaines, de mi-février à début mars 2023, à Paramaribo. Quatorze personnes ont été formées pour le côté surinamais du projet, six pour le côté brésilien. Les efforts logistiques et administratif nécessaires pour réunir l’ensemble des médiateurs du projet dans une même formation ont été largement compensés par une grande richesse des échanges et une dynamique du groupe favorable à l’apprentissage. Durant ces trois semaines, les médiateurs ont participé à des séances de formation « traditionnelles » (présentation frontale de contenus, à travers des supports Powerpoint), mais aussi à des nombreuses animations, activités participatives et simulations, leur permettant d’être acteurs de leur formation et de s’approprier des outils de l’étude.
Au début de la formation, tous les médiateurs avaient déjà des connaissances de base sur le paludisme. Au Suriname, ces personnels, recrutés par la fondation SWOS (Foundation for the Advancement of Scientific Research in Suriname) dans le cadre du projet, sont aussi agents de santé communautaire employés à temps partiel et donc formés par le Malaria Program du ministère surinamais de la Santé. Au Brésil, les médiateurs du projet sont recrutés par l’association DPac Fronteira à Oiapoque et ont été formés par la Fiocruz, le principal organisme de santé publique du Brésil, partenaire scientifique du projet. Outre des rappels sur la maladie, la formation a porté sur la passation des questionnaires et des tests de l’étude, la délivrance de traitement radical contre le P. vivax, la distribution et la formation à l’utilisation des « malakits », sur la gestion des stocks et des documents de l’étude, sur le recueil du consentement des participants et sur l’éthique de participation à un projet de recherche. Même en zone isolée au fin fond de la forêt, on se doit de respecter les droits des participants à un projet de recherche !

De Paramaribo à Yaou Pasi, d’Ilha Belha à Oiapoque
Les premiers participants ont été inclus dans la foulée. Les inclusions se déroulent sur les bases arrières de l’orpaillage clandestin. D’abord à Ronaldo et Yaou Pasi, face au bourg de Maripasoula et face au village de Taluen. Puis en mai à Paramaribo. Ce mois-ci, les inclusions ont démarré à Albina et en juillet seront lancées à Ampuma, un écart situé face à Providence. Côté brésilien, le même travail sera réalisé à partir de septembre, à Oiapoque et à Ilha Belha, une île située sur l’Oyapock, en aval de Camopi.

Le projet se poursuivra jusqu’à la fin 2024. « L’objectif est d’inclure un maximum de participants, pour améliorer la couverture de la population et réduire le portage du paludisme, explique le Dr Alice Sanna, co-responsable d’étude du projet Curema et doctorante sous la direction du Dr Maylis Douine. Il s’agira ensuite de vérifier si c’est efficace pour réduire la circulation du paludisme et à quel point le projet intéresse la population. Plus on se rapproche de l’élimination du paludisme, moins cela reste un sujet de préoccupation pour les gens. » La France s’est donnée pour objectif de l’avoir éliminé en Guyane d’ici à 2025.
Les Recherches du CHU :
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La Guyane est un territoire aux enjeux épidémiologiques spécifiques. Le CHU est un centre actif de recherche, en particulier dans les domaines des maladies infectieuses, de la santé publique et de l’environnement tropical. Nous soutenons une dynamique de recherche partenariale, favorisant l’innovation, l’analyse des déterminants sociaux de la santé et l’amélioration continue des pratiques de soin.












